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ARTICULATIONS DES ESPACES DE COMMUNICATION, AVEC ET SANS TECHNOLOGIE (présentation orale, le 1/12/02)

Mit MITROPOULOS


La Découverte de l'Espace Electronique.

Depuis les débuts de ma recherche en Art-science-technologie (AST, basée sur les Space Networks, Edinburgh University 71-74, puis M.I.T. à partir de 1978) et plus particulièrement avec mes installations bidirectionnelles interactives Face-à-Face (FtoF) que certains d'entre vous connaissent (Mitropoulos 1991), j'ai toujours approché l'Espace Electronique non comme un espace inventé, mais comme résultat d'une découverte (Biber 2002, Joinson 2001, Mitropoulos 1997, Stanley 2001, Weiser 2001). Comme celles des navigateurs comme le capitaine Cook (1779), Dias (1500) et les autres capitaines Portugais (on nomme leur roi "Le Navigateur") ainsi que leurs collègues cap. Diogo Cao (cité dans "Le Geste Kongo", musée Dapper, en ce moment, rue Paul Valéry), l'oriental Cheng Ho (1430), Ulysse —pour citer un navigateur Grec—, ou les préhistoriques qui portent l'obsidienne d'une île Grecque à l'autre. Ou encore avec les aviateurs des premières liaisons aériennes comme Mermoz (1936) et Saint Exupéry (1944), tous deux disparus au cours d'un vol.

C'est-à-dire que l'on parle de l'Espace Electronique non pas comme une extension de l'Espace Physique, mais comme un espace en tant que tel, tout comme l'espace colonial d'avant la seconde guerre mondiale (je citerai en référence le film de Bertrand Tavernier que j'ai vu en octobre au Musée du Cinéma de Bruxelles, Coup de Torchon, 1981, avec Isabelle Huppert et Philippe Noiret comme chef de la police à Bourcassa, qui insiste :"je ne suis pas là pour jouer au policier !"). Je suggère une approche similaire pour l'espace des investissements Offshore —actuellement à la une, à cause du processus d'harmonisation fiscale en Europe qui commence par taxer l'épargne des non-résidents (en réalité une opération Big Brother, puisqu'il s'agit plutôt d'un échange d'informations sur les citoyens Européens (Huhne 2002, Kayer 2002, Legrand 2002, Marsden 2002, Meldman 1983).

 

Le droit à la vie privée mis en question

C'est-à-dire, l'Espace Electronique comme espace proprement dit, avec ses propres règles —ou absence de règles. Il s'agit d'établir un comportement collectif : le cas de l'Internet ces derniers 10-15 ans.... Pour ma part, comme d'autres personnes, j'ai choisi de vivre en parallèle à la fois dans l'Espace Physique et dans l'Espace Electronique (ni visiteur occasionnel, ni fugitif d'un outland électronique —Mitropoulos 1997). Je m'intéresse aux comparaisons entre ces deux espaces, comme on fait quand on voyage d'un pays à un autre : on vient à Paris et on regarde si les parfums ou les chaussures sont moins chers ici qu'ailleurs. Les livres sont moins chers qu'à Bruxelles. Et les produits bancaires ? "Ah Non !", nous dit le commissaire du Marché Intérieur de l'U.E, c'est ce qui met en contradiction ses politiques fiscales et la concurrence. En effet, il s'agit d'un échange d'informations, de nouvelles possibilités d'abus d'autorité contre la vie privée —Espace Electronique oblige. On peut s'attendre à ce que la Protection du droit à la vie privée s'ajoute prochainement à la liste des urgences de notre globalisation (Mitropoulos 2001/2002) : Manque d'eau, Santé publique, Qualité de l'environnement, Nécessité d'énergies alternatives.

 

L'alternative à l'Espace Physique

En ce qui concerne l'Espace Physique je me focalise sur l'architecture traditionnelle des îles Cyclades, Mer Egée, Grèce ainsi que sur les nouveaux designs destinés aux sites côtiers isolés, celui des îles en général. Dans le cas des Cyclades, on a des espaces articulés rien que pour faciliter, presque solliciter les communications entre deux personnes. Dans le cas des nouveaux designs (on les appelle Constructions —Mitropoulos 2001) des sites côtiers, on communique avec la personne avec qui on a fait le voyage, mais sûrement avec soi-même et l'au-delà de l'au-delà, à travers le paysage isolé, l'horizon en toile de fond. Ce même horizon auquel font faces les figurines en marbre des Cyclades de la préhistoire : debout, mains croisées, les genoux un peu pliés, la tête légèrement vers l'arrière (cette interprétation est personnelle). Et bien évidemment, à l'opposé des figurines Africaines du musée Dapper : la tête en avant, elles s'adressent à l'amant, l'ennemi, la forêt, les Dieux —exactement comme avec les installations FtoF !).

 

La Distance en Espace Physique.

Quand on parle des îles, on parle de communautés isolées, ce qui veut dire qu'il faut prendre la distance en considération —pour ne retenir qu'un élément pour comparer les espaces de communication. Ces gens qui dépendent (on avait insisté) pour leur développement de distance à franchir : Telemedicine, Education en ligne, même chose pour l'Administration, et une présence Culturelle à distance, avec les moyens des TIC dont on dispose. En même temps (on avait proposé), de sauvegarder la distance géographique (pas d'aéroports, pas de bateaux à grande vitesse) pour éviter les visiteurs-à-grande-vitesse, appelés touristes (d'ailleurs, ou d'Athènes, surtout ceux du week end), mais de privilégier les voyageurs (différence qualitative, bien évidente en langue Française) —projets officiellement invités, puis refusés. Par exemple je regrette de mentionner qu'en Grèce on utilise plus le téléphone mobile qu'en France, alors qu'on est en retard sur l'utilisation d'Internet, et la pénétration des PC est 4 fois inférieure (Eurostat 2001, Mitropoulos Nov-Dec 1986, Weiser 2001).

 

Des Espaces existants depuis longtemps, ou à être articulés.

Mais revenons à la question de la distance. Prenez une île isolée, terrain aride et vide, habitations blanches et concentrées. Franchir la distance pour arriver. Rue principale en labyrinthe, domaine public. Les maisons des deux côtés, domaine privé. Entre les deux domaines nous avons des espaces semi-privés/publics(S-p/p) qui facilitent la communication (Mitropoulos 1976, 6/1978, 1982). Ces espaces sont en réalité des donations de la part de chacun des propriétaires à sa communauté : pour mieux négocier dans une communication complexe (par exemple, un type des S-p/p c'est le Open Hall (Vestibule Ouvert) : le mur de la façade manque tout simplement !). Il y a dix types d'espaces S-p/p aux îles Cyclades. La variété des types (et la densité de chaque type) est variable pour chacune des îles. Les espaces S-p/p créent la distance. On peut toujours les visiter aujourd'hui, mais c'est très difficile de les voir fonctionner, puisque, actuellement ils sont devenus un anachronisme social (3).

Concernant les Constructions (qui peuvent rappeler les Folies de Tschumi à la Villette, mais certainement plus focalisées qu'elles), nous devons quitter l'habitat pour aller vers des sites isolés, faire une prière silencieuse, peut être, négocier la paix personnelle sûrement. Le point important est le parcours à accomplir pour y arriver. De même, c'est le terrain sur lequel se trouve la Construction qui compte, et pas le design de la Construction même. Bien sûr les designs restent intéressants. Il y a trois types de Constructions : Marches qui n'aboutissent nulle part, Points de vue, et Chapelles Ouvertes (ces dernières formes étant suivant le vent local, la route du soleil, et la vue sur l'horizon —celui des figurines Cycladiques). Franchir la distance, pour en créer une.

 

La Distance des articulations FtoF

Parmi la série d'installations bidirectionnelles interactives Face-à-Face (Mitropoulos 1983, 1991), on arrive à franchir la distance avec FtoF-2. Avec FtoF-1, par contre, on va créer de la distance. Les habitués de l'Esthétique de la Communication se souviennent de l'installation FtoF-2, aux Beaux-arts, Paris 1/1986 (événement organisé par Forest, Karczmar, et Marc Deanjean) —voir Moeglin 1986, et 1996 : les danseuses S. Holzer (Suisse) et Al. Kale (USA), ainsi que les mimes Chris et Hysao Pages (Français) avaient réussi à trouver le moyen, sans préparation préalable, d'interagir à distance par le biais des moniteurs TV, pour leurs performances (Moeglin 1986, 1996). Quelques-uns qui étaient à Salerne/Italie 5/1986 avaient participé dans FtoF-1, y compris l'organisateur Mario Costa —voir Costa 6/1990, et D. De Kerckhove 1995.

Pour FtoF-1, les deux participants se touchent dos-à-dos, et pourtant, par leur concentration sur l'interaction en cours, ils réussissent à communiquer à travers l'espace électronique, à partir des deux moniteurs TV devant eux (Mitropoulos 1991, 2003). On ne peut pas être plus près et plus loin en même temps —c'est le concept Ensemble/Séparé : pour se voir, s'entendre, et se toucher (Ordonez 1996). C'est une combinaison unique des Espaces Physique et Electronique, pour illustrer le concept Ensemble/Séparé, dénominateur commun à la fois pour les espaces S-p/p (sans technologie), et les installations Face-à-Face (avec technologie).

Il nous manque l'expérience d'un contexte opératoire urbain. En général, l'AST semble, à partir de la fin des années 1980, avoir manqué la dimension scientifique (à la fois disciplinée et créative) et se trouve plutôt adopté par le système de l'art, ses critères restant sans rigueur, et les collaborations étant presque impossibles. Dans le cas de FtoF-4N on a une installation à l'échelle urbaine, pour la Piazza Tecchio-Fuorigrotta, à l'invitation de Mario Costa (Mitropoulos 1992). La version simple FtoF-4 a été montrée à V2, 9/89 pour ceux qui étaient en Hollande (Mitropoulos 1991). Avec FtoF-4N on crée de la distance dans l'espace physique, à franchir, pour les deux participants, pour se toucher : ces deux participants sont séparés de quelques centimètres en espace Euclidien (donc Physique). Ils sont Ensemble, connectés par les deux moniteurs TV (espace Electronique). Ils sont plus tard séparés par une distance de 10 à 40 mètres, leur espace Hodologique (en Espace Physique). L'Hodologique est un des quatre espaces de Comportement, et se définit comme "espace du mouvement possible avec intention" —voir Kurt Lewin (Lewin 1938). Les trois autres espaces étant la bulle Personnelle qu'on porte avec nous, de la Communication comme dans le cas des S-p/p, ainsi que l'Espace Electronique utilisé pour se connecter.

 

L'Urbanisation Electronique

Nous n'avons pas ici la possibilité d'illustrer les trois espaces-de-communication comparés, pour S-p/p voir Mitropoulos 1976 et 1982. Pour Constructions voir Mitropoulos 2001, 2002. Pour les installations FtoF, voir Mitropoulos 1991.

Je dois noter aussi que les trois installations FtoF citées sont également présentées dans la publication (qui a suivie ma présentation pour la WSE, à Berlin, Octobre 2001 —voir Mitropoulos 2003) "Le passage de l'Espace Physique à l'Espace Electronique : La Naissance de l'Ecumenopolis Electronique". Il s'agit de l'observation qu'une partie (une partie actuellement en grande augmentation) de nos villes, est de l'espace électronique, sous la forme d'un réseau mondial. Autrement dit, on parle du phénomène d'une urbanisation électronique. Et nous-mêmes, hors toute considération de la distance (prenons s=v/t , avec la tellement grande vitesse...), étant à tout moment simultanément au centre et à la périphérie, c'est-à-dire en réseau (Mitropoulos 1970, 1974). Par "nous-mêmes", on veut dire ceux qui a) possèdent les moyens technologiques + l'énergie pour les faire marcher + les connaissances pour les activer ; et b) ceux qui ont la volonté de communiquer + la liberté d'agir.

 

Quelques points relatifs au domaine Art-Science-Technologie : notes prises pendant le colloque.

À l'occasion de la présentation (29/11/02) de Louise Poissant et de son Dictionnaire, je note que le domaine AST reste marqué par un manque de définitions. En ajoutant aux trois références bibliographiques ci-dessus, pour faciliter la lecture je me limite aux trois éléments comparés :

- Les dix types de S-p/p fonctionnent entre les domaines publics et privés de l'habitat Cycladique. Ils nous offrent le moyen des échanges interpersonnels dans une variété de niveaux perceptuels.

- Tout le design des Constructions pour les sites côtiers isolés est tellement minimal que la moindre réduction ne le qualifiera plus comme une articulation architecturale. Ils sont moins importants que les sites choisis.

- Chacune des installations FtoF nécessite un équipement de vidéocommunication minimum : 2 moniteurs TV, 2 caméras et les câbles de connexion. Un dénominateur commun à toute la série FtoF est possible avec 2 moniteurs TV de plus, et plus de câbles (ou une communication longue distance).

Pour d'autres définitions, y compris Espace de Comportement et Espace Hodologique, voir Mitropoulos 1991.

J'ai aussi parlé avec Jemima Rellie de la Tate/Londres, sur la dimension scientifique manquante —elle a conduit la même réflexion de l'autre côté de la Manche. On restera en contact à ce sujet. Roy Ascott m'a parlé d'un groupe AST qui fait du travail intéressant à Perth/Australie, et d'une initiative à l'UNESCO. Mais je reste sans références exactes à noter ici.

Quand on parle des Espaces-de-communication, on parle de la communication bidirectionnelle interactive, avec et sans technologie, qui nécessite de différencier de tels échanges en comparaison avec les systèmes bidirectionnels "à réponse" (ces derniers en hausse menaçante, portent le nom interactif pour des raisons de marketing, d'habitude, et parfois à cause d'un manque d'information approfondie). Olivier Auber a parlé (1/12/02) indirectement au sujet de l'interactivité, avec un fort commentaire sur l'approche de l'Esthétique de la Communication. Mario Costa était rapide à répondre avec une référence sur les installations FtoF —mais je n'ai pas eu la possibilité de m'exprimer sur le fonctionnement des FtoF (plutôt que sur leur forme) qu'Auber a soulevé.

Quand on examine l'Espace Electronique, c'est aussi intéressant de considérer l'espace souterrain et assez extensif (30 kms) de Montréal centre ville. Anolga Rodionoff a fait (1/12/02) référence à la "Network Architecture", mais aucun débat n'a suivi pour me permettre de présenter l'approche Space Networks basée sur la fonction plutôt que sur la forme. Ça reste à faire, sur un sujet qui me revient en public, toujours en passant, depuis 1999. Pour le moment, je me réfère à ma communication Space Networks du 11/1970 adressée à l'Académie Royale des Beaux-arts de Bruxelles, pages 1-6 (17 Figures), où j'utilise le terme "Network Architecture" aux pages 3 et 5, définition donnée avec l'aide du Tableau en page 5. Outre à Artmedia, à la conférence WSE (Tinos, Cyclades, 9/02), le jeune architecte Talik Chalabi de Vienne, me pose la même question sur la "Network Architecture" (voir ma présentation à paraître dans Ekistics : "Semi-Private/Public Spaces of the Traditional Cycladic Architecture, in the Context of the Proposed use of Electronic Connections for Sustainable Development").

De la même façon, j'ai senti en 1980 le besoin de développer des critères de Network Aesthetics. J'ai établi ma liste suivant mon travail en réseau, avec et sans technologie (plus particulièrement la Mail Art-Performance), et j'avais présenté cette liste à Eric Gidney pendant sa visite aux CAVS à M.I.T. Il parle de notre discussion dans son article dans Leonardo, du début des années 1980 (voir aussi Mitropoulos 1988, 1991).

Pour revenir à la Network Architecture, j'ai été séduit par la présentation de Bruno Beusch et Tina Cassani (30/11/02). Je me trouve aussi en accord avec le conservateur de musée François Michaud (30/11/02). En effet c'est en 1969 que j'avais choisi le musée comme exemple d'application de Network Architecture (Mitropoulos 5/1978, 1980, 1983-1986, 5/1986). Pour ma part, j'ai déclaré pendant ma présentation 1/12 : si j'étais un Artiste du Net, je n'aurais rien à faire avec le contexte des musées —c'était la bonne position de Grégory Chatonsky le 30/11, et déjà une question sur ce sujet était posée le même après-midi par quelqu'un dans la salle. Par contre, il y a matière concernant la présence physique de l'espace électronique dans un musée, comme avec un objet trouvé. Et de reconsidérer le musée en termes de Network Architecture (avec et sans technologie), pour voir ce que ça donnera.

Toutes les installations FtoF se terminent (en extension câblée), par deux moniteurs TV, face à face, séparés par 50 cm : un moniteur TV parle à l'autre, soit dans la même pièce que l'installation, ou à distance. Ça implique que des deux côtés on entre en interaction, deux personnes comme participants en général. Rares sont les installations destinées à plusieurs participants. Encore plus rare, une installation pour un individu, rien que pour illustrer un concept. Avec la cohésion sociale affaiblie, il y a de moins en moins une communauté active à laquelle faire la donation d'un espace S-p/p (soit les gens sont chez eux pour suivre une série télévisée, soit les espaces de communication sont devenus les étalages commerciaux pour ces maisons devenues magasins). C'est la même tendance qu'avec les systèmes bidirectionnels, actuellement pour la plupart "à réponse", au lieu d'offrir une possibilité pour l'interactivité des citoyens. C'était le choix du début des années 1980 aux USA : le système câblé QUBE choisi, plutôt que celui du Reading, Pa. Un choix apparemment technologique, en effet un comportement choisi, voir une culture pour vivre. Cette question sur la Démocratie Electronique était posée (1/12/02) à Maurizzio Bolognini, par Andreas Broekmann me donnant l'occasion de passer l'information spécifique (Mitropoulos 1983, 1992).

Pour Artmedia VIII j'ai pris La Distance comme moyen de comparaison des trois Espaces-de-Communication. J'avais le choix des autres : Communauté, Comportement, Echelle, Articulation, Urbanisation, Privauté, Interactivité, Complexité, (et encore).

 

 

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© Mit Mitropoulos & Leonardo/Olats, février 2003